JAGUAR Type E Semi-Light 1962
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Prix sur demande Publiée aujourd'huiLorsque Jaguar dévoile sa Type E au salon de GenÚve en mars 1961, c'est la surprise totale. Surprise, car personne n'avait eu d'informations préalables sur la future Grand Tourisme de la marque de Coventry, et également parce que la ligne de la Type E a totalement subjugué les foules. Une ligne signée William Lyons, un chùssis sportif tout en restant confortable et des performances de premier ordre caractérisait alors la nouvelle Jaguar Type E. Sans parler du prix sans concurrence alors, puisque trois fois moins cher qu'une Ferrari et deux fois moins qu'une Maserati...
Depuis la fin de la guerre, Jaguar symbolise Ă merveille le Grand-Tourisme Ă l'anglaise. Toute la gĂ©nĂ©alogie des roadsters XK (120 Ă 150) a largement contribuĂ© Ă construire cette image sportive en complĂ©ment des nombreuses victoires dans des compĂ©titions majeures. Mais Ă l'orĂ©e des annĂ©es 60, malgrĂ© toutes leurs qualitĂ©s, les XK ne peuvent masquer leur Ăąge. Alors, en secret, Coventry travaille sur la remplaçante. Les journalistes de l'Ă©poque sont alors totalement tenus Ă l'Ă©cart et les quelques dessins de perspective qui sont dĂ©voilĂ©s seront loin de la rĂ©alitĂ©. Le 15 mars au salon de GenĂšve, c'est la cohue de journalistes dans le parc des Eaux-Vives. Tous veulent admirer en avant-premiĂšre la nouvelle star de Coventry. Puis, c'est le grand bain de foule au salon de GenĂšve. Les commentaires et rĂ©actions sont dithyrambiques. A chaque apparition d'une Jaguar Type E, dans la rue, c'est l'attroupement. Nombres de stars et de personnalitĂ©s se sont empressĂ©es de prendre commande de la belle anglaise : Françoise Sagan, Johnny Halliday, Bernard Consten, Charles Trenet, Pierre Bardinon, Robert Hirsch, sans parler des tĂȘtes couronnĂ©es. Mais non contente de possĂ©der une ligne Ă couper le souffler, la Jaguar Type E pouvait se targuer de possĂ©der un chĂąssis trĂšs en avance pour l'Ă©poqueâŠ
On a souvent attribué le design de la Jaguar Type E à Sir William Lyons. Mais comme dans chaque genÚse d'automobile, il y a un capitaine à la barre, et toute une équipe derriÚre lui qui travaille dans son ombre. C'est à Malcom Sayer, aérodynamicien venant de l'industrie aéronautique, que revient la paternité du coup de crayon. Habillant un chùssis tubulaire trÚs léger, notre designer anglais a offert à la Jaguar Type E un capot immensément long et plat qui a vite contribué au magnétisme opéré sur le public par la noble GT de Coventry. L'ouverture dudit capot est totale avec le bloc complet qui bascule vers l'avant et découvre intégralement la mécanique. A l'avant, une petite calandre ressemble à s'y méprendre à une petite bouche entre-ouverte suggestive laissant la porte ouverte aux imaginations les plus fertiles. Deux phares ronds sont sous globes et encastrés. L'arriÚre est de type « Fastback » avec le toit qui descend jusqu'aux fins feux arriÚre. Les surfaces vitrées se distinguent par des montants trÚs fins et élégants recouverts de chrome. Enfin, l'arriÚre de la Jaguar Type E se singularise par des ailes aux courbes trÚs prononcées. Vous le comprendrez vite, il y a beaucoup de charme et de féminité dans ce design. La finition à bord ne souffre pas la critique, bien au contraire, et un coffre conséquent permettait d'envisager les voyages au long court. N'est-ce pas là justement la vocation premiÚre d'une GT ?
Jaguar doit tant au moteur XK que nous ne pouvons parler de lui sans rappeler son histoire. Lorsque le roadster Jaguar XK120 est prĂ©sentĂ© Ă Earls Court en 1948, le salon de l'auto anglais, le coup de foudre avec le public est immĂ©diat. Son nom " XK 120 " vient justement de son moteur et ses performances. ĂquipĂ© du bloc XK, ce six en ligne de conception Jaguar, il autorisait Ă la Jaguar XK120 Roadster une vitesse maximale de⊠120 miles Ă l'heure ! NĂ© en 3,4 litres avec un bloc en fonte et une culasse aluminium, sa distribution se faisait par deux arbres Ă cames en tĂȘte. Pas mal en 1948 !! Pour la Jaguar Type E, Coventry l'Ă©quipe d'une version rĂ©alĂ©sĂ©e du moteur XK. Le 6 en ligne a dĂ©sormais une cylindrĂ©e de 3,8 litres (87x106 mm) et conserve son caractĂšre de moteur longue course. Plus de couple donc dĂšs les plus bas rĂ©gimes. La puissance annoncĂ©e par l'usine est de 265ch SAE Ă 5500 tr/mn et un couple de 35,9 mkg Ă 5500 tr/mn. Aujourd'hui encore, les performances que procurent le moteur XK 3.8 Ă la Jaguar Type E sont peu communes, avec 240 km/h en vitesse de pointe et moins de 8 secondes pour le 0 Ă 100 km/h.
Pour son chùssis, la Jaguar Type E a été l'objet des soins les plus attentifs. En effet, de nombreuses solutions ont été reprises de la compétition. Ainsi, pour la nouvelle GT de Coventry les ingénieurs chùssis (Bob Knight et Norman Dewis) ont imaginé un berceau indépendant de la coque. Il reçoit ainsi la suspension arriÚre, les freins et le différentiel. Il est ensuite rattaché à la coque par des silents-blocs en forme de V. Cela permet ainsi d'isoler l'habitacle de tout parasite provenant des suspensions et/ou des irrégularités de la chaussée. Pour la partie avant, c'est presque un " copier-coller " de la structure de la Type D de course. Deux leviers triangulés superposés, dont celui du bas qui accueille l'extrémité antérieure du bras de torsion longitudinal. Pour ralentir son félin aux griffes acérées, Jaguar a repris le principe des freins à disques inauguré avec succÚs aux 24 Heures du Mans en juin 1953 avec la Jaguar Type C. Les quatre roues en sont équipées et un double circuit de freinage séparé est monté. Avec un poids contenu de 1 220 kg, la Jaguar Type E se targue d'un rapport poids/puissance trÚs flatteur qui lui permet de postuler au statut de véritable sportive. La tenue de route est trÚs moderne et c'est surtout le confort de conduite qui étonne. On comprend mieux pourquoi Jaguar se taillera une réputation à part dans le domaine des chùssis.
Contrairement Ă la Type D, la Type E n'a initialement pas Ă©tĂ© conçue comme une voiture de course mais cela n'a pas empĂȘchĂ© l'usine de soutenir certains pilotes privĂ©s bien connus. Graham Hill pour Equipe Endeavour avec ECD400 et Roy Salvadori pour John Coombs avec BUY1 ont connu quelques succĂšs en 1961 face aux dominantes Ferrari 250 GT, mais c'Ă©tait clairement une compĂ©tition entre une voiture de route (la Type E) et une Ferrari de course, plus lĂ©gĂšre et construite pour gagner. Aucune Jaguar n'est apparue au Mans en 1961. Mais cette mĂȘme annĂ©e, la voiture de John Coombs Ă©tait en fait une voiture de dĂ©veloppement d'usine. Elle a Ă©tĂ© construite avec une monocoque en acier de plus faible Ă©paisseur. Elle rĂ©apparaĂźt au dĂ©but de la saison 1962 immatriculĂ©e 4WPD, avec un moteur de Type D Ă carter humide, des freins et une suspension amĂ©liorĂ©e et un toit rigide en aluminium. Cette voiture, dĂ©truite lors des coupes de PĂąques Ă Goodwood (pilotĂ©e par Salvadori), fut reconstruite par l'usine aux spĂ©cifications que lâon nommera dorĂ©navant « Lightweight ». Par la suite, 11 autres roadsters Type E Lightweight ont Ă©tĂ© construits, plus deux autres coupĂ©s et une dizaine de semi-lightweight.
La véritable spécification Lightweight comprenait une monocoque entiÚrement en aluminium, un moteur à carter sec de 3,8 litres entiÚrement en alliage, une culasse Wide Angle de Type D, une injection mécanique Lucas, une boßte de vitesses ZF à 5 vitesses, des freins à disque de Mk IX, un toit rigide, des portes et un coffre en aluminium, une voie arriÚre élargie avec des triangulations de Mk X modifiées, une suspension avant à géométrie anti plongée, une crémaillÚre de direction plus basse, des siÚges sport, des roues spéciales Dunlop en alliage similaires aux Type D. Cela a permis de réduire le poids de 270kg et avec plus de 340ch, la Type E devenait une véritable adversaire face à la Ferrari 250 GTO. Mais à la suite de problÚmes de fiabilité, la plupart des moteurs et boßtes ZF en alliage ont rapidement été remplacés par des blocs Jaguar en fonte et des boßtes maison. Malgré cela, l'usine n'a jamais vraiment soutenu le programme de course, et en 1964, tout était terminé. La Lightweight est arrivée 2 ans trop tard, et n'a jamais été suffisamment développée.
De nos jours, les Jaguar Types E dans leur version FIA Ă©cument les circuits du monde entier avec un succĂšs sans cesse grandissant. Les qualitĂ©s sportives de la Type E en font aujourdâhui une voiture redoutable que ce soit dans les spĂ©ciales accidentĂ©es du Tour Auto, la trĂšs disputĂ©e course du TT Ă Goodwood ou dans des courses dâendurance comme le Sixtiesâ endurance ou les Spa 6 hours.
AssemblĂ© le 7 mars 1962, cette Jaguar Type E 3.8 Roadster quitte les chaĂźnes de Coventry avant dâĂȘtre livréé, le 4 avril suivant, au distributeur Jaguar de New York. Dans sa configuration dâorigine, telle quâattestĂ©e par son certificat Jaguar Heritage Trust, il arbore une Ă©lĂ©gante teinte Opalescent Silver Blue, associĂ©e Ă un habitacle en cuir rouge et Ă une capote bleu marine. Une combinaison aussi rare que raffinĂ©e.
AprĂšs sa traversĂ©e de lâAtlantique et son retour en Europe, la trajectoire de cette Type E sâinscrit dans une tout autre dimension. Loin de rester un simple roadster de collection, elle est alors destinĂ©e Ă devenir une machine de course Ă part entiĂšre : plus affĂ»tĂ©e, plus performante, plus radicale, et surtout immĂ©diatement identifiable grĂące Ă une livrĂ©e qui la distingue sans Ă©quivoque du reste du plateau.
Cette mĂ©tamorphose est le fruit de la vision et de lâexpĂ©rience du pilote français Jean-Pierre Lajournade. Son parcours parle de lui-mĂȘme : engagĂ© dĂšs 1975 en Coupe Renault Elf Gordini, quâil remporte en 1978, il poursuit en Formule Renault au sein des structures Elf et Motul en 1980 et 1981. AprĂšs une carriĂšre professionnelle riche, il sâimpose trĂšs vite comme lâun des grands noms de la compĂ©tition historique, notamment au Tour Auto, oĂč il affiche un palmarĂšs remarquable avec trois victoires au classement gĂ©nĂ©ral, cinq secondes places et une troisiĂšme place, sans oublier de nombreux succĂšs en Asave.
Vainqueur du Tour Auto Optic 2000 en 2010 au volant de sa Lotus Elan 26R, face Ă des concurrentes nettement plus puissantes, Jean-Pierre Lajournade dĂ©cide en 2013 dâacquĂ©rir la Jaguar que nous prĂ©sentons aujourdâhui, auprĂšs du rĂ©putĂ© prĂ©parateur anglais Denis Welch. Un choix stratĂ©gique, guidĂ© par une ambition claire : concevoir la Type E la plus aboutie jamais vue en configuration semi-lightweight.
Si les Jaguar Type E Roadster semi-lightweight sont aujourdâhui bien reprĂ©sentĂ©es sur les plateaux historiques, câest prĂ©cisĂ©ment cet exemplaire qui a ouvert la voie, dĂ©clenchant lâengouement et dĂ©montrant le potentiel rĂ©el du modĂšle au plus haut niveau de la compĂ©tition.
PensĂ©e dĂšs lâorigine comme une vĂ©ritable arme de rallye, cette Type E a Ă©tĂ© conçue sans compromis, avec une obsession constante de la performance et de la fiabilitĂ©, notamment pour des Ă©preuves aussi exigeantes que le Tour Auto. Son premier propriĂ©taire a imaginĂ© une refonte complĂšte de lâensemble des composants, mettant Ă profit des dĂ©cennies dâexpĂ©rience en rallye afin dâanticiper les contraintes spĂ©cifiques de la course sur route sans sacrifier la performance sur circuit : endurance mĂ©canique, comportement dynamique sur longue distance, facilitĂ© de maintenance et robustesse Ă toute Ă©preuve.
La voiture devient ainsi la premiĂšre Jaguar Type E Roadster semi-lightweight dĂ©veloppĂ©e en France. EquipĂ©e dâun arceau conçu par Matter CompĂ©tition, Ă Saint-Brice-sous-ForĂȘt. ConformĂ©ment au rĂšglement, la monocoque demeure en acier, tandis que les Ă©lĂ©ments de carrosserie : capot, hard-top, coffre et portes sont rĂ©alisĂ©s en aluminium. Forte de son expertise, lâĂ©quipe de Matter optimise les renforts de structure, afin dâobtenir une rigiditĂ© parfaitement adaptĂ©e Ă un usage intensif en compĂ©tition.
La partie mĂ©canique est confiĂ©e Ă Denis Welch, en charge non seulement du moteur, mais Ă©galement de la boĂźte de vitesses, du pont et du train arriĂšre. Lâassemblage final est rĂ©alisĂ© par lâĂ©quipe qui accompagne le pilote depuis plus de trente ans, composĂ©e exclusivement dâanciens membres de Renault F1, gage de mĂ©thode, de prĂ©cision et de fiabilitĂ©.
Au total, la transformation reprĂ©sente plus de 440 heures de travail en carrosserie. Le poids est rĂ©duit de 215 kg, portant la masse Ă 1 060 kg, tandis que le six-cylindres dĂ©veloppe prĂšs de 380ch, associĂ© Ă une boĂźte de vitesses Ă quatre rapports entiĂšrement synchronisĂ©e. AchevĂ© en fĂ©vrier 2015, le projet donne naissance Ă lâunique Jaguar Type E Roadster semi-lightweight conçue et construite en France Ă cette Ă©poque.
DĂšs ses premiĂšres sorties, la hiĂ©rarchie est bouleversĂ©e. En avril 2015, la voiture sâimpose au Tour Auto Optic 2000, avant de rééditer lâexploit lâannĂ©e suivante, devançant notamment lâAC Cobra de Ludovic Caron. Elle enchaĂźne ensuite les performances de premier plan au Grand Prix de lâĂge dâOr, Ă Spa-Classic, aux Dix-Mille Tours ou encore au Grand Prix de Pau Historique, toujours aux avant-postes.
Elle devient ainsi la premiĂšre Jaguar Type E Roadster semi-lightweight Ă remporter le Tour Auto, et demeure Ă ce jour la seule Ă lâavoir remportĂ© Ă trois reprises, symbole Ă©clatant de sa prĂ©paration sans faille.
En 2023, la Jaguar est confiĂ©e Ă un nouveau pilote de premier plan, Emmanuel Brigand, ancien pilote il reprend la piste en courses historique avec Ă la clĂ© de nombreux titres en championnats de France et dâEurope. Multiple vainqueur de la catĂ©gorie GHI au Tour Auto, il est animĂ© par un objectif clair : viser la victoire au classement gĂ©nĂ©ral VHC. La voiture est alors prise en charge par CrubilĂ© Sport, Ă Gazeran (78).
Dans le mĂȘme temps, Peter Auto adopte la rĂ©glementation internationale FIA, autorisant le remplacement du bloc moteur en fonte par un bloc aluminium. RĂ©sultat : 37 kg gagnĂ©s sur le train avant, une direction plus lĂ©gĂšre, un comportement plus incisif et une auto nettement plus vive. Le rĂ©sultat ne tarde pas : une troisiĂšme victoire, acquise avec une confortable avance Ă Biarritz.
Fruit de plus de 500 000 ⏠de dĂ©veloppement, cette Jaguar est aujourdâhui accompagnĂ©e dâun PTH FIA International valable jusquâau 31/12/2026. Elle a constamment dĂ©montrĂ© un niveau de performance et de fiabilitĂ© exemplaire.
LivrĂ©e avec plusieurs jeux de roues, des differentiels arrieres de rechange et un important stock de piĂšces, elle permet dâaborder les Ă©preuves les plus exigeantes avec un niveau de prĂ©paration rarement atteint.
PrĂȘte pour la saison 2026, cette Jaguar Type E Roadster semi-lightweight sâimpose comme lâune des rĂ©fĂ©rences absolues de la compĂ©tition historique, aussi redoutable sur circuit que parfaitement armĂ©e pour les contraintes extrĂȘmes des grandes Ă©preuves routiĂšres.
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