Rallye de régularité : comprendre les catégories VHR, VHRS et VMRS
Par RobinB le 25 novembre 2025 RallyeLe rallye de régularité, ou TSD Rally en anglais (pour Time, Speed and Distance), séduit de plus en plus. Ici, on ne cherche pas à être le plus rapide, mais à maîtriser son rythme. Une approche où la précision et la constance prennent le pas sur la performance pure.
C’est une autre manière de vivre le rallye, plus calme dans la forme mais tout aussi technique dans le fond. Et attention, “régularité” ne veut pas dire lenteur : sur les spéciales, le rythme reste soutenu et la moindre erreur se paie immédiatement 💪
C’est une discipline qui met en avant la précision et la constance, là où le rallye moderne ou le VHC privilégient avant tout la performance pure.
Quand on parle de rallye de régularité, on parle en réalité d’un ensemble de catégories bien distinctes : le VHR (Véhicule Historique de Régularité), le VHRS (Véhicule Historique de Régularité Sportive) et le VMRS (Véhicule Moderne de Régularité Sportive).
Des appellations proches, mais des philosophies différentes, qui reflètent chacune une manière particulière de vivre le rallye 🙂
Pour bien comprendre cette discipline, il est essentiel de revenir sur son histoire, son principe et les différences qui existent entre les trois catégories principales : VHR, VHRS et VMRS.
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Histoire : comment est né le rallye de régularité ?
À l’origine, le mot “rallye” vient du verbe rallier : le but des premières épreuves, à la fin du XIXᵉ siècle, était simplement de faire converger les concurrents vers un point donné, par tous les temps, pour prouver que les véhicules pouvaient accomplir de longues distances sur les routes d’époque 🥵

Après l’interdiction des courses de ville à ville, la notion de “régularité” s’est imposée naturellement. Le but n’était plus d’arriver le plus vite possible, mais de respecter une moyenne horaire fixée par les organisateurs, tout en roulant sur des routes ouvertes, donc en respectant le code de la route et les conditions réelles de circulation.
Puis, au fil du temps, la vitesse a repris le dessus avec l’apparition des “spéciales”, ces tronçons fermés chronométrés qu’on connaît aujourd’hui en rallye moderne.
Mais la régularité n’a jamais totalement disparu. Et c’est avec la montée en puissance des véhicules historiques et les contraintes croissantes d’organiser des épreuves sur routes ouvertes que la régularité a fait son grand retour 🥳
ℹ️ Des événements emblématiques comme le Monte-Carlo Historique ou le Tour Auto ont contribué à redonner ses lettres de noblesse à cette discipline. Elle s’est ensuite structurée en plusieurs catégories, du rallye “touristique” jusqu’aux compétitions officielles labellisées FFSA, pour former ce qu’on appelle aujourd’hui les VHR, VHRS et VMRS.
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Ce renouveau repose toujours sur les mêmes fondamentaux : des parcours minutieusement préparés, une navigation au roadbook et un chronométrage précis ⏱️

Bien entendu, la technologie a évolué, les balises GPS ont remplacé les commissaires cachés derrière les buissons. Mais l’esprit reste le même : rouler avec précision, partager une aventure humaine et mécanique, et respecter la route autant que le chronomètre 👌
Le principe du rallye de régularité : comment ça marche ?
Le concept est simple en apparence : il ne s’agit pas d’aller le plus vite possible, mais d’être régulier 🤓
Le rallye de régularité se déroule sur un parcours routier alternant deux types de tronçons :
- Les Liaisons : ce sont les sections de transfert parcourues sur routes ouvertes, où les équipages doivent respecter le code de la route.
- Les Zones de Régularité (ZR) : anciennement appelées “tests” ou “secteurs”, ce sont les portions chronométrées où il faut respecter aussi précisément que possible une moyenne de vitesse imposée par l’organisateur.
Le chronométrage est effectué à la seconde, conformément à la réglementation en vigueur. Chaque seconde d’écart par rapport au temps idéal entraîne une pénalité d’une seconde, qu’il s’agisse d’avance ou de retard ⌛
ℹ️ Exemple : pour une moyenne fixée à 60 km/h sur 10 km (soit 10 minutes idéales), un équipage qui passe en 9’39” prend 21 secondes de pénalité, et un autre en 10’31” en prend 31.
La moyenne est fixée par l’organisateur selon la nature de la route, son dénivelé, sa largeur ou les conditions météo. Elle peut d’ailleurs varier plusieurs fois au sein d’une même ZR ❗

Le copilote devient ici le véritable cerveau de l’équipage : il calcule, annonce et ajuste, tout en gardant un œil sur la route. Certaines spéciales comportent plusieurs tronçons aux vitesses différentes, parfois 48 km/h dans une portion sinueuse, puis 70 km/h sur une partie plus rapide, transformant chaque ZR en un véritable exercice de précision 🎯
Pour s’orienter et connaître les vitesses à respecter, le copilote dispose d’un roadbook détaillé. C’est une discipline de rigueur, où la communication entre pilote et copilote fait toute la différence 🤝
VHR : la régularité plaisir sur route ouverte
C’est la catégorie idéale pour découvrir la régularité, souvent appelée aussi "régularité plaisir", ou organisée sous forme de rallyes de navigation ou de randonnées touristiques automobiles.
Le VHR est la porte d’entrée la plus accessible. Ces épreuves se déroulent sur routes ouvertes, le plus souvent sous la bannière de la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) ou dans le cadre de manifestations indépendantes. La FFSA (Fédération Française du Sport Automobile) en organise très peu, se concentrant davantage sur les catégories VHRS et VMRS.
On y retrouve principalement des voitures anciennes, construites jusqu’au 31 décembre 1996, parfois de collection, qui parcourent un itinéraire imposé en respectant le code de la route, avec des contrôles horaires et des vitesses moyennes toujours inférieures à 50 km/h.
ℹ️ À noter que les deux fédérations n’appliquent pas exactement les mêmes critères : la FFSA fixe une limite d’année de production (avant 1997) pour définir un véhicule “historique” en VHR, tandis que la FFVE considère comme véhicule de collection tout modèle âgé d’au moins 30 ans, quel que soit son millésime.
En clair, une voiture construite en 1996 peut donc participer à un VHR FFSA même si elle n’a pas encore 30 ans révolus ni de carte grise collection 😉

C’est une approche “touristique” du rallye de régularité, mais très formatrice : il faut savoir lire le roadbook, gérer le stress du chronomètre et garder une précision constante 👌
Autrefois, l’usage d’instruments électroniques de précision (Chronopist, Terratrip, Blunik, GPS, applications mobiles, etc.) était officiellement interdit en VHR. Mais dans les faits, cette règle est aujourd’hui impossible à faire respecter : la plupart des équipages disposent d’un smartphone ou d’un appareil connecté permettant de suivre leur régularité.
En pratique, tous les outils électroniques sont désormais tolérés, sauf exception mentionnée dans le règlement particulier. La seule épreuve où cette interdiction est réellement appliquée reste le Tour Auto, dont l’organisation dispose des moyens humains nécessaires pour contrôler l’absence d’appareils électroniques ou de téléphones à bord 👮
Cette souplesse n’enlève rien à l’esprit du VHR : la régularité repose toujours sur la maîtrise du rythme, la précision et la capacité à gérer sa moyenne, que l’on utilise un simple chronomètre ou un outil numérique.
Aucun arceau ni équipement FIA n’est requis : les voitures doivent simplement être assurées, immatriculées et en bon état de marche. Le VHR est donc une discipline qui permet de goûter à la régularité sans les contraintes de la compétition pure.
💡 Licence ou pas ? Si l’épreuve est organisée sous l’égide de la FFSA, une licence de régularité (ou un titre de participation accompagné d’un certificat médical) sera demandée. En revanche, pour les rallyes de navigation ou les randonnées touristiques hors fédération, aucune licence n’est nécessaire : renseignez-vous simplement auprès de l’organisateur avant l’inscription.
Une fois la discipline maîtrisée sur route ouverte, beaucoup de pilotes passent naturellement au VHRS, la version plus sportive et chronométrée du rallye de régularité 🔥
VHRS – VHRS : la régularité sportive sur routes fermées
Le VHRS (Véhicule Historique de Régularité Sportive) pousse la logique du VHR un peu plus loin. Ici, on quitte les routes ouvertes pour passer sur routes fermées, souvent en doublure d’un rallye VHC (Véhicule Historique de Compétition).

Les voitures roulent donc sur les mêmes spéciales que les VHC, mais leur classement repose sur la régularité, pas sur la vitesse. Avant le départ, chaque équipage choisit sa moyenne de course : basse, intermédiaire ou haute.
ℹ️ La moyenne maximale fixée par la FFSA est de 75 km/h, ajustée en cas de pluie (–3 km/h sous pluie légère, –5 km/h sous forte pluie).
Comme en VHR, l’utilisation d’outils électroniques est autorisée en VHRS. Les équipages peuvent s’équiper de tripmasters électroniques (comme le Terratrip ou le Blunik), de balises GPS ou d’applications mobiles pour suivre leur moyenne. Cette instrumentation permet d’atteindre une grande précision dans le pilotage et le respect des temps 👌
ℹ️ Certaines applications mobiles comme Rabbit Rally peuvent également être utilisées pour débuter.
Les VHC partent généralement en premier, suivis des VHRS, mais l’ordre exact reste à la discrétion de l’organisateur. Les points de chronométrage, quant à eux, sont tous tenus secrets afin de garantir une vraie impartialité et de vérifier la régularité de chaque équipage. Un écart supérieur à 10 % de la moyenne imposée peut entraîner une disqualification. Cette règle vise à écarter les équipages qui ne jouent pas le jeu de la régularité et adopteraient un rythme de course, contraire à l’esprit de la discipline ❌
Voitures admises et documents nécessaires pour un rallye VHRS

Le VHRS est ouvert aux véhicules suivants :
- Voitures de compétition éligibles selon les périodes et classes définies dans l’Annexe K de la FIA, soit les modèles homologués jusqu’au 31 décembre 1990.
- Voitures de Tourisme et de Grand Tourisme de série, conformes à la législation routière française, construites jusqu’au 31 décembre 1996.
ℹ️ Certaines voitures mythiques du Groupe B, jugées trop puissantes ou trop difficiles à assurer, restent interdites : Audi Sport Quattro S1, Peugeot 205 T16, MG Metro 6R4, Citroën BX 4TC, Lancia Delta S4, Ford RS200 ou Subaru XT Turbo. L’organisateur peut également refuser une voiture qui ne correspond pas à “l’esprit de la période”. Il est donc important de vérifier le règlement particulier de chaque épreuve.
👉 Documents à présenter lors des vérifications administratives :
- La carte grise (ou certificat d’immatriculation) du véhicule.
- Permis de conduire
- Un laissez-passer de régularité historique, un PTH (Passeport Technique Historique) ou un passeport technique FFSA.
- Une licence NCCR (Nationale Concurrent Conducteur Régularité) ou un titre de participation accompagné d’un certificat médical de non contre-indication à la pratique du sport automobile.
📩 Pour obtenir un laissez-passer, il suffit de contacter la FFSA à l’adresse pth@ffsa.org. Le tarif est de 115 € en 2025 et ne devrait pas évoluer en 2026.
✅ Information confirmée par la FFSA : pour un rallye VHRS, le contrôle technique et l’assurance du véhicule ne sont pas obligatoires tant que la voiture reste sur le parcours officiel et dans le cadre de l’épreuve (routes fermées, liaisons autorisées, parcs). Dans ce cas, l’équipage est couvert par l’assurance du rallye. En revanche, si le véhicule circule en dehors du parcours (par exemple pour rejoindre l’hôtel, aller au restaurant ou venir sur l’épreuve sans plateau), il doit alors être assuré et disposer d’un contrôle technique valide.
L’âge minimum pour participer est de 16 ans, avec autorisation parentale et licence tuteur du représentant légal pour les mineurs.
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Préparation et équipement d’une voiture de rallye VHRS
Il est tout à fait possible de préparer son auto pour le VHRS : amélioration du freinage, suspensions, sécurité, tout en conservant une base conforme à l’homologation d’origine.
Équipement obligatoire minimal :
- Casque homologué CE,
- Extincteur 2 kg solidement fixé dans la voiture,
- Deux gilets fluorescents,
- Un triangle de signalisation,
- Des vêtements couvrants.
ℹ️ Les arceaux, baquets et harnais FIA sont autorisés mais non obligatoires, même en moyenne haute. Ils étaient auparavant exigés, mais la réglementation a été assouplie pour rendre la discipline plus accessible, sans compromettre la sécurité.
Pneumatiques autorisés en VHRS
Les pneus de compétition “slicks” sont interdits, mais les semi-slicks sont autorisés à condition de porter le marquage E ou DOT sur le flanc.
Le retaillage est interdit, et le nombre de roues de secours embarquées doit être compris entre une et deux.
Le VHRS conserve donc une vraie authenticité : on roule sur des spéciales mythiques, dans des autos anciennes, mais avec des contraintes bien plus légères que dans un rallye de vitesse. C’est ce mélange d’histoire, de précision et de convivialité qui fait tout son charme 👍
VMRS : la régularité moderne pour voitures récentes
Dernière-née de la famille, la catégorie VMRS (Véhicules Modernes de Régularité Sportive) applique la même philosophie que le VHRS, mais avec des voitures modernes, construites à partir du 1er janvier 1997.

C’est une discipline récente, désormais reconnue officiellement par la FFSA et en plein essor, portée par l’engouement pour les épreuves de régularité modernes 🥳
Le VMRS se dispute, lui aussi, sur routes fermées, avec les mêmes règles de moyenne horaire et la même possibilité d’utiliser une instrumentation électronique de précision.
ℹ️ Chaque voiture doit être assurée, immatriculée, conforme au code de la route, et accompagnée des documents obligatoires : permis de conduire, carte grise, contrôle technique valide, et licence FFSA ou titre de participation avec certificat médical.
Contrairement aux catégories historiques, aucun passeport technique ni laissez-passer de régularité n’est nécessaire pour participer 😉
Lors des vérifications administratives, les organisateurs peuvent demander :
- Une attestation d’assurance en cours de validité,
- Une vignette de contrôle technique (ou procès-verbal à jour),
- Et, selon les épreuves, une preuve d’immatriculation et d’identité du conducteur.
L’organisateur se réserve le droit de refuser un véhicule non conforme ou insuffisamment entretenu, afin de garantir la sécurité et l’équité de la compétition.

Les sous-catégories du VMRS
Les véhicules sont répartis en trois sous-catégories :
- LTRS (Loisir Tourisme de Régularité Sportive) : voitures de tourisme thermiques,
- LPRS (Loisir Prestige de Régularité Sportive) : GT thermiques,
- ENRS (Énergies Nouvelles de Régularité Sportive) : hybrides et électriques.
ℹ️ Toujours dans la limite d’une moyenne maximale de 75 km/h, les catégories LPRS et LTRS peuvent bénéficier d’une moyenne légèrement supérieure à celle retenue pour les VHRS. Les cabriolets sont autorisés uniquement en moyenne intermédiaire ou basse, et doivent être capotés pendant toute l’épreuve.
Équipement et véhicules autorisés en VMRS
On y croise des voitures variées : Renault Clio RS, Peugeot 308 GTi, Subaru Impreza WRX, Alpine A110, Ford Focus ST ou BMW M140i.
C’est une manière accessible et encadrée de goûter à l’ambiance d’un rallye sans préparation coûteuse. Pas besoin d’arceau, de harnais ou de pneus slicks : un casque CE, un extincteur, un triangle, deux gilets et un véhicule bien entretenu suffisent 😋
Les pneus semi-slicks sont autorisés à condition de porter le marquage E ou DOT sur le flanc.
Le chronométrage GPS ne laisse rien passer : le moindre écart à la moyenne est pénalisé, et un dépassement trop important peut entraîner une sanction financière voire une disqualification. L’objectif reste de jouer le jeu de la régularité, pas de prendre des risques avec une voiture d’origine.
Le VMRS est avant tout une porte d’entrée moderne dans le monde du rallye de régularité. Il permet de rouler en toute sécurité, dans un cadre officiel FFSA, sans préparation lourde ni budget excessif, une belle alternative pour les passionnés souhaitant découvrir l’esprit du rallye autrement.
VHR, VHRS ou VMRS : quelle catégorie choisir ? 🤔
Longtemps considérées comme des formules “douces”, les épreuves de régularité sont désormais reconnues comme de vraies disciplines sportives, et leur succès ne cesse de grandir. De plus en plus de rallyes affichent complet, preuve d’un engouement réel pour cette approche plus accessible du sport automobile.
Elles offrent une manière plus sereine, plus économique et souvent plus technique de vivre le rallye. Tenir une moyenne constante à la seconde près, sans aide de pilotage et sur route fermée, demande autant de concentration qu’une spéciale de vitesse.
Pour beaucoup d’équipages, c’est aussi une façon de continuer à rouler sans la pression du chrono, de préserver leurs voitures ou simplement de partager une passion en duo 😎 Le copilote vit la spéciale autant que le pilote : il compte, corrige, annonce, anticipe. Chaque virage devient un petit défi de rythme.
Certains puristes y voient encore une “sous-catégorie”, mais ceux qui ont déjà participé savent que le rallye de régularité est tout sauf une promenade 😉 Et à l’heure où le sport automobile cherche à se réinventer, ces formules plus accessibles et plus durables montrent peut-être la voie.
Le VHR, le VHRS et le VMRS partagent la même idée : garder l’esprit du rallye, mais avec d’autres règles du jeu. Ici, la victoire ne se joue pas à coups de dixièmes, mais à coups de secondes parfaitement tenues — sans jamais perdre le fil du temps ni du plaisir.